Le Groupe Lucien Barrière lancera en 2008 un site de casinos en ligne
Comme il fallait s'y attendre, les casinotiers français n'entendent pas rester sur le bord de la route de l'ouverture du marché des jeux en ligne. Ils veulent que l'ouverture ne se limite pas aux paris sportifs mais englobe aussi les casinos en ligne.
Le Groupe Lucien Barrière a ainsi annoncé jeudi dernier, dans un communiqué de l'AFP,
qu'il allait ouvrir en 2008 un site de casinos en ligne. Ce site, opéré
avec une licence de jeu maltaise, ne permettra pas aux joueurs français
de jouer de l'argent, mais seulement de se divertir. Par contre, ce
site devrait être ouvert dans un premier temps en Grande-Bretagne, et
éventuellement en Suisse, Italie ou Espagne, pays qui passent pour
"tolérants" en matière de législation de jeux d'argent.
Le
projet, baptisé BIG, pour Barrière Interactive Gaming, est mené aux
côtés de MKO Games, un producteur de jeux vidéo tirés de films de
cinéma, détenu par MK2 et Onyx Films.
Le Groupe Lucien Barrière souhaite donc s'engouffrer dans la brèche ouverte par l'ouverture du marché français, tout en étant respectueux de l'interdiction en cours : "Il a ouvert une porte pour les paris sportifs, comptez sur moi pour mettre le pied dans la porte", a réagi jeudi M. Desseigne, président du conseil de surveillance du Groupe Lucien Barrière. En offrant aux internautes français la possibilité de s'exercer sur le poker ou la roulette virtuels, le groupe reste en embuscade pour s'engouffrer dans la brèche si le gouvernement donne son feu vert pour lever le monopole.
Ce site est clairement une manière pour Lucien Barrière de forcer le gouvernement à ne pas laisser de côté les casinotiers français. Nul doute que cet appel du pied sera entendu quand on sait que M.Barrière est un proche du président Sarkozy.
Pour le dirigeant du groupe Barrière, il y a urgence à trouver des relais de croissance car le secteur des casinos est en panne de croissance depuis quelques années. A fin septembre, le groupe Barrière affiche une croissance de 2,9 % de son activité globale, dont à peine 1,8 % de hausse pour les casinos (85 % de son activité) alors que la branche "hôtels et restaurants" flirte avec une croissance de 11,6 %.
Plusieurs éléments défavorables, liés à la règlementation, freinent le secteur du jeu. Depuis le 1er novembre 2006, les casinos doivent contrôler l'identité des joueurs. Selon les dirigeants de Barrière, ce changement de règlementation a eu un impact négatif estimé entre 3 et 4 % sur l'activité Casinos. Un impact qui pourrait encore grossir puisque dès la fin de l'année, il sera interdit de fumer dans les établissements de jeux. Cette prochaine mesure pourrait avoir un impact négatif compris entre 5 et 8 % sur l'activité jeux chez Barrière.
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