La France se prête au jeu de la concurrence pour les paris en ligne
Internet. Sous la pression de Bruxelles, le gouvernement pourrait libéraliser le secteur monopolisé par la Française des jeux et le PMU.
C’est une déclaration qui vaut son pesant d’or pour les bookmakers de la Toile.
«Le gouvernement n’est pas hostile à une ouverture du monopole sur les paris sportifs sur Internet»,
a déclaré lundi le ministre du budget Eric Woerth.
Pressé par Bruxelles de
libéraliser un secteur trusté à 100 % par la Française des jeux (FDJ)
et le PMU, la France vient de faire le tout premier pas vers un
élargissement à des opérateurs privés de cette très lucrative activité
: 5 milliards d’euros de recettes fiscales annuelles. Mais si cette
ouverture tranche avec la ligne Maginot déployée jusqu’ici pour
défendre un monopole historique, cela n’empêche pas le gouvernement de
poser ses conditions. L’ouverture devra donc se faire de manière
«maîtrisée», et certainement pas à l’anglaise avec floraison
instantanée de sites de paris en tous genres localisés à Gibraltar ou
dans les îles Caïman.
Concession. Après avoir tout fait pour éviter cette
concession, la France n’avait plus guère le choix. Sommée par le très
libéral commissaire irlandais au marché intérieur Charlie McCreevy
d’ouvrir les paris sportifs en ligne à la concurrence des Bwin
autrichien et autres Zeturf maltais, elle risquait d’être traînée
devant la Cour européenne de justice.
La négociation va
maintenant pouvoir s’engager avec Bruxelles, où Eric Woerth et
Jean-Pierre Jouyet, en charge des Affaires européennes, iront défendre
autour de la mi-octobre un nouveau cadre légal pour les paris en ligne
sur les compétitions sportives et hippiques hexagonales.
Afin de limiter les
risques de blanchiment d’argent, d’activités criminelles et d’addiction
pour les joueurs, le gouvernement y dira son refus de la «reconnaissance mutuelle» dans les jeux d’argent, qui permet
à une société reconnue par un pays de l’Union européenne de proposer
ses services dans l’ensemble de l’Union.
Autrement dit, pas question de laisser des sites opérer sur des paris français s’ils n’ouvrent pas une filiale sur le territoire et ne se plient pas aux obligations réglementaires, fiscales et de soutien financier à la filière hippique comme c’est le cas pour la FDJ et le PMU.
Autrement dit, pas question de laisser des sites opérer sur des paris français s’ils n’ouvrent pas une filiale sur le territoire et ne se plient pas aux obligations réglementaires, fiscales et de soutien financier à la filière hippique comme c’est le cas pour la FDJ et le PMU.
Refonte. Un joli bras de fer en perspective
puisqu’aucun texte européen n’oblige une société à s’installer dans un
pays membre pour y exercer une activité ! Pour le gouvernement
français, qui refuse de voir s’établir dans ce secteur sensible une «situation de concurrence sauvage, illégale et sans contrôle possible», ce casse-tête plaide pour une refonte du système des paris à l’ère d’Internet, avec une harmonisation à l’échelle européenne.
«Il faut imaginer des modes de taxation des gains, plaide-t-on à Bercy, où l’on prévoit une longue bataille
«sur le plan politique». D’ici là, la France espère avoir le
temps de préparer ses opérateurs historiques à l’explosion programmée
des paris sportifs en ligne.
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