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24 novembre 2006

Des joueurs de poker en ligne ne veulent pas être pris pour des délinquants

Ils font circuler une pétition contre le projet de loi sur la prévention de la délinquance qui vise les sites de jeux d'argent.

Ils ne sont pas contents, et cela n'a rien d'un coup de bluff. Près de six cents joueurs de poker français ont déjà signé une pétition en ligne pour protester contre le prochain vote, le 5 décembre, à l'Assemblée nationale, du projet de loi sur la prévention de la délinquance. In fine, deux amendements sortis de l'examen du texte en commission des lois devraient être adoptés. Ils concernent plus spécifiquement les sites de jeux d'argent. L'un instaure un mécanisme de « gel par les établissements bancaires des flux financiers des personnes organisant des jeux prohibés sur Internet ». L'autre touche les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qui devront signaler à leurs abonnés une liste nominative des sites prohibés par le ministère de l'Intérieur. Seraient visés pêle-mêle les loteries en ligne, les sites de paris, mais aussi les sites de poker en ligne.

Et c'est là que le bât blesse. Pour l'un des initiateurs de la pétition Libérez nos jetons, Alexandre Dreyfus (un consultant sur le jeu en ligne qui compte parmi ses clients plusieurs sites spécialisés), de telles mesures pourraient aboutir au gel des gains obtenus par des internautes français sur des sites de jeux d'argent basés à l'étranger. « Si demain, on nous interdit l'accès à ces sites, ou pire on nous réprimande, nous serons donc obligés d'aller jouer dans les casinos "réels" ou les cercles parisiens », écrit Alexandre Dreyfus sur le site de la pétition.

Pour le poker sur Internet, en l'absence de webcams, le bluff, cher aux joueurs de poker, existe toujours, mais prend la forme de mises et d'enchères lancées par chacun des joueurs d'une partie. Au-delà du simple intérêt des joueurs, pour lesquels cette pétition a été officiellement lancée, il y a un marché de 3 milliards d'euros (plus que les taxes sur l'alcool et les cigarettes réunies). Un marché de jeux et de paris en ligne que se réserve aujourd'hui l'Etat français par l'intermédiaire de la Française des Jeux, en situation de quasi-monopole sur le territoire.

« Pas de blanchiment d'argent sur les sites de poker et de paris en ligne »

« Que ces activités soient opérées en France par la Française des Jeux ou par d'autres acteurs, nous ne demandons qu'une chose, c'est qu'à terme, l'offre légale proposée par un opérateur disposant d'une licence sur le marché français soit d'aussi bonne qualité que ce qui est aujourd'hui proposé sur les sites étrangers. »

Si le secteur a pu être parfois soupçonné de blanchiment, Alexandre Dreyfus balaie ces allégations. « Sur les 2 000 sites spécialisés qui évoluent dans le monde, à peine 1 % est peut-être concerné par ce phénomène. Et cela touche les casinos en ligne et non les sites de poker ou de paris. Pour ces derniers, tout est clair. La plupart des entreprises opérant en Europe sont cotées en Bourse. Et si l'on regarde comment les paiements s'effectuent, par carte ou virement bancaire, il n'y a pas de place pour le blanchiment. »

Pour détecter les éventuels dysfonctionnements, Alexandre Dreyfus indique que chaque site digne de ce nom intègre dans ses rangs des « fraud managers » chargés de donner l'alerte, quand par exemple un match de deuxième division belge suscite d'un seul coup un vif intérêt de la part de parieurs situés à l'autre bout du monde.

Enfin, si certains consommateurs se posent des questions sur le fait que des sites élisent domicile dans des paradis fiscaux, « C'est simplement parce qu'en France, il leur est aujourd'hui impossible d'obtenir une licence auprès du ministère de l'Intérieur », précise Alexandre Dreyfus.

source : 01net.com

Les sites de paris sont prêts à partager leurs gains avec l'Etat français

Malmenés par l'Etat, attaqués par les clubs de foot, les bookmakers ont la vie dure. Ils tentent de se racheter une conduite en proposant de partager leurs gains avec le monde du sport français et l'Etat.

L'European Betting Association (EBA) veut faire bonne figure. Cette association regroupant des sites de paris en ligne tels que Bwin, Unibet, ou Interwetten, fait un pas en avant pour satisfaire aux exigences légales françaises concernant les jeux d'argent. Un préalable indispensable pour pouvoir négocier, avec crédit, la fin du monopole d'Etat sur les jeux d'argent.

D'abord, ses membres affirment être prêts à respecter les mêmes engagements que ceux de la Française des Jeux (FdJ) en matière de financement du sport hexagonal. Ainsi, en 2005, la FdJ a financé 90 % du budget de 250 millions d'euros du Centre national pour le développement du sport. Même chose pour le PMU qui a reversé directement plus d'un milliard d'euros à la filière hippique en 2005, soit 13 % de son chiffre d'affaire.

Enfin, l'association veut montrer un visage plus respectable envers les joueurs. Elle se dit prête à définir une charte de bonne conduite imposant de forts standards de sécurité afin d'éviter le jeu des mineurs et des interdits de jeux. Cependant, elle soumet la signature de ses membres à cette charte à la condition que le PMU et la FdJ s'engagent sur les mêmes objectifs.

Si cette main tendue a peu de chances d'être saisie par le gouvernement qui ne reconnaît pas l'association, elle aura le mérite de montrer une meilleure image des sites de jeux. Et peut être, de crédibiliser aux yeux des politiques un secteur très critiqué pour son opacité.

Déjà malmenés par deux amendements discutés ces jours ci à l'Assemblée nationale dans le cadre de la loi de la prévention de la délinquance, les sites de paris sont désormais la cible de trois clubs de football. Lyon, Lille et le Paris Saint Germain attaquent Bwin, Unibet et Expekt, tous membres de l'EBA pour utiliser leurs marques et lister les noms des joueurs et leurs photos sans accord avec les clubs. Une attitude qui contraste avec celle de la League nationale de football qui avait pensé s'associer à la plainte de Bwin devant la commission européenne après que deux de ses dirigeants se soient retrouvés en garde à vue pour infraction au monopole, suite à une plainte de la FdJ et du PMU. Un monopole sur le jeu d'argent non reconnu par la Commission. Pour imposer son activité en France, les sites de jeux d'argent peuvent néanmoins compter sur le soutient de leurs utilisateurs qui ont lancé une pétition en ligne (laisseznousjouer.com).

source : journaldunet.com

23 novembre 2006

Les amendements les plus durs n'ont pas été proposés

Emmanuel_le_rohan_chabot

Emmanuel de Rohan Chabot
Directeur général
Zeturf

"J'ai du mal à dércypter le position française. Si la politique du gouvernement est de faire le tri entre les acteurs responsables et les autres, c'est très bien. S'il s'agit de se cramponner mordicus au monopole du jeu, je vois mal comment cette politique pourrait aboutir à quoi que ce soit. Le pire est que nous sommes prêts à discuter avec les autorités françaises pour respecter les règles hexagonales. Comme celles sur la participation au financement de la filière hippique. Concernant l'interdiction de faire de la publicité en France, ce n'est pas un problème pour nous car nous n'en faisons pas.

Les amendements les plus durs n'ont pas été proposés car la France est dans le collimateur de Bruxelles sur sa politique des jeux. Et le cheminement de la cour de justice est très clairement favorable à l'ouverture du marché aux opérateurs privés. Mais ce texte insinue que Zeturf, une société soumise aux lois maltaises, partenaire d'un banque privée anglaise ayant pignon sur rue, est illégal, car nous serions supectés de blanchir de l'argent. Et c'est insultant pour ces pays membres."

Ces amendements ne servent à rien

Thibault_verbiest

Thibaut Verbiest
Avocat
Cabinet Ulys

"Ces mesures sont de l'ordre de la musculation et de la propagande. Le ministre du Budget montre qu'il défend la Française des Jeux en sachant qu'il ne sera plus là après les élections. Tout ce qui a été décidé a pour but d'effrayer les entreprises qui profitent des budget promotionnels des sites de jeu d'argent (médias, clubs de foot, sites d'affiliés...). Et ça marche. Pour être optimiste, je dirais que l'Italie aussi a bandé ses muscles avant de libéraliser le marché, j'ose croire qu'il s'agit de la même tendance.

Mais ces amendements ne servent à rien, ni juridiquement, ni judiciairement. Cela ne va faire qu'aggraver le dossier de la France sur le bureau de la Commission européenne, alors que la France est déjà en procédure d'infraction. Les juges sont bien conscients du problème et vont hésiter à tenir compte de ces lois. Cela ne fera que créer un climat malsain devant les tribunaux. Pour les politiques qui ont voté cette loi, c'est après moi, le déluge !"

Le gouvernement se trompe d'ennemi

Patrick_partouche

Patrick Partouche
Directeur général
Groupe Partoucher

"L'amendement gelant les flux financiers des sociétés non agréées qui conduit à bloquer leurs dépenses en communication, c'est ce que je demande depuis cinq ans ! Mais est-ce que cela veut dire que les sites vont pouvoir continuer à opérer ? Oui. Donc cela ne leur fera pas beaucoup de mal. Car ils n'ont plus besoin de faire de publicité, ils ont déjà beaucoup communiqué et ils comptent beaucoup de clients.

Je pensais que ces mesures seraient plus musclées, que le gouvernement irait jusqu'à blacklister les sites et sanctionner les internautes. Finalement, cela va revenir à pénaliser les entreprises françaises qui bénéficiaient des ces investissement publicitaires, et cela, c'est la seule parade trouvée par l'Etat pour contrecarrer le jeu en ligne...

Moi, je lutte pour que les français puissent se battre à armes égales avec les sites étrangers. Je suis légaliste, j'attends juste de pouvoir exercer mon métier sur Internet. Et en nous en empêchant, le gouvernement se trompe d'ennemi."

source : journaldunet.com

Le gouvernement a choisi le conflit

Franois_trucy

François Trucy
Sénateur UMP du Var
Auteur d'un rapport sur les jeux d'argent

"Le gouvernement a choisi le conflit. Les sites de jeux en ligne sont entrés par la fenêtre, voyant que la porte leur était fermée. Comme au rugby, vous prenez un coup, vous le rendez. Bercy s'est inspiré de ce qui se passe aux Etats-Unis et sort ses armes.

Pourtant, iI faudra bien se résoudre à trouver une solution. Et pour cela, il faudrait avant tout engager la discussion. C'est le sens du rapport que j'ai rendu le 7 novembre dernier sur l'évolution des jeux de hasard et d'argent. Il faut obtenir des principaux ministères d'ouvrir le débat, et je m'y emploierai en tant que rapporteur. Mais j'ai peur qu'entamer des discussions ne soit pas dans les priorités du gouvernement dans les mois à venir...

Mais pour rendre possible ce dialogue, les sites de jeux d'argent devraient aussi se soucier des préoccupations de l'Etat. C'est-à-dire, être transparent sur l'origine de leurs capitaux, lutter contre les tentatives de blanchiment d'argent et se soucier d'empêcher les mineurs et les interdits de jeux de jouer sur leurs sites."

source : journaldunet.com

22 novembre 2006

PSG : Le club contre les sites de paris

Le PSG, associé à Lyon et Lille, va assigner les principales sociétés de paris en ligne sur Internet (Bwin, Expekt et Unibet) pour atteinte à la marque du club.

Communiqué du PSG
L'Olympique Lyonnais, le LOSC et le PSG vont assigner, en France et en Belgique, les principales sociétés de paris sur internet, parmi lesquelles figurent notamment Bwin, Expekt et Unibet.

En France, ces actions seront intentées par chaque club individuellement devant les Tribunaux de Grande Instance compétents. En Belgique, ces actions seront intentées par chaque club individuellement devant les Tribunaux de Commerce de Bruxelles et/ou de Liège.

Les trois clubs entendent faire cesser les atteintes à leurs marques (ainsi parfois qu'au droit au nom et à l'image de leurs employés) causées par ces sociétés de paris sur internet. En effet, afin de proposer des paris et afin également de rendre leurs sites attractifs, ces sociétés utilisent sans autorisation les marques des clubs, voire les noms et photos de certains de leurs joueurs, revêtus des maillots des clubs. Soulignons que de telles actions ne concernent pas la question de la licéité des activités de ces sociétés en France. En effet, les atteintes aux marques, noms et images ont lieu de manière internationale et donc notamment dans certains Etats membres où les activités de ces sociétés sont parfaitement licites.

Enfin, précisions que les actions décrites ci-dessus sont étrangères à la problématique de la licéité (au regard du droit communautaire) des lois nationales instaurant des monopoles en matière de jeux d'argent.

source : sport365.fr

21 novembre 2006

Les sites de paris en ligne bientôt sur liste noire

Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, avait annoncé la couleur en octobre en présentant en Conseil des ministres un plan d'action interministériel contre la publicité en faveur de sites de jeux illégaux. Les parlementaires lui emboîtent le pas.

La commission des lois de l'Assemblée nationale a adopté la semaine dernière deux amendements visant les jeux d'argent sur Internet. Ils feront ainsi partie des dispositions débattues par les députés dans le cadre du projet de loi sur la prévention de la délinquance. Le texte arrive à l'Assemblée nationale le 21 novembre, après une première lecture au Sénat en septembre.

Ces amendements prévoient d'ajouter deux articles au projet de loi. Le premier instaurerait un mécanisme de « gel des flux financiers des personnes organisant des jeux prohibés sur Internet » par les établissements bancaires. Qu'il s'agisse des avoirs des sociétés organisant ces activités ou ceux de personnes physiques. Les activités visées sont les loteries en ligne ou les sites de paris « interdits par la loi française ».

Ce qui signifie en fait tous les sites de ce type, hormis ceux relevant de la Française des jeux et du PMU. Le jeu, en France, étant un monopole d'Etat. En janvier 2006, le site Zeturf.com avait été condamné en appel sur cette base. Mais c'est justement parce qu'il est sérieusement mis à mal par la concurrence sur Internet que les pouvoirs publics veulent agir.

L'autre amendement concerne les fournisseurs d'accès à Internet (FAI). Ils devront signaler à leurs abonnés une liste nominative de sites prohibés, identifiés comme tel par le ministère de l'Intérieur. Au risque de faire, du coup, une publicité involontaire à ces plates-formes... Ils devront également informer les internautes des « sanctions encourues [...] du fait d'actes de jeux réalisés en violation de la loi ». L'amendement ne précise, ni où, ni quand, ni comment cette prévention est censée intervenir. Ces modalités feront partie des futurs débats.

« Des dispositions inapplicables en France »

En cas de manquement à ces exigences, les FAI s'exposent à une sanction d'un an de prison et 75 000 euros d'amende. Les fournisseurs d'accès discutent depuis le début de l'été avec une délégation interministérielle (Budget, Intérieur, Industrie, Famille, Justice). Appuyés par le ministère de l'Industrie, ils ont encore dû batailler pour éviter la mise en place d'un filtrage pur et simple des sites de jeux.

« En revanche, ce que nous avons proposé dès le début, c'est une charte où nous nous serions engagés à informer nos abonnés des dangers ainsi que des sanctions et à insérer la liste des sites fournie par le ministère de l'Intérieur dans nos outils de contrôle parental », explique le président de l'Association française des FAI, Guiseppe de Martino. Une idée qui n'est d'ailleurs pas exclue.

Deux autres dispositions qui prévoyaient de renforcer les sanctions pénales contre les jeux en ligne n'ont pas été retenues par la commission des lois. Il semble que les députés aient décidé de ne pas trop en faire. Car il se trouve qu'au moment où la France s'attaque aux jeux en ligne, les instances européennes planchent elles aussi sur le sujet.

« Même si ces dispositions passent au Parlement, elles seront inapplicables en France, estime Thibault Verbiest, avocat au cabinet Ulys et spécialiste du droit du jeu. La France fait l'objet d'une procédure d'infraction au droit européen sur les paris sportifs. Paradoxalement, elle ne fait qu'aggraver son cas en voulant protéger ses intérêts, car elle montre qu'elle n'a aucune considération pour les procédures en cours... »

Plusieurs prestataires, comme les responsables de Zeturf.com ou les Casinos Partouche, ont décidé de s'en remettre en effet au droit européen sur la libre circulation des services pour exercer leurs activités en ligne dans l'Hexagone. Quoi qu'il en soit, pour Thibaut Verbiest, « l'objectif [des autorités françaises, NDLR] est atteint : effrayer tout le monde, les sites, les sociétés de jeux et de paris en ligne. Un climat de défiance s'est installé ».

Grâce à (ou à cause de) par exemple des actions d'éclat comme l'arrestation des dirigeants du site de paris autrichien Bwin, sponsor de l'AS Monaco. A l'origine, il y avait une plainte de la Française des jeux.

Moyens accrus pour la lutte contre la pédo-pornographie

Le projet de loi sur la prévention de la délinquance a aussi la violence et la pédo-pornographie sur Internet dans le collimateur. Le texte renforce les moyens d'action de la police judiciaire en la matière. Des agents affectés à un service spécialisé seront autorisés à participer, sous un nom d'emprunt, à des échanges électroniques, à entrer en contact avec des auteurs potentiels d'infraction et à extraire et conserver des contenus illicites. 

Un amendement adopté par la commission des lois leur permet aussi d'acquérir et de s'échanger ce type de contenus. 

20 novembre 2006

Petition online

Chers internautes,
Comme vous le savez, la législation française va évoluer dans le secteur des jeux en ligne. Demain à lieu à l'assemblée nationale un débat. Sur l'intitiave de chilipoker.com, un nouveau site vient d'être lancé : http://www.laisseznousjouer.com qui va suivre cette actualité et surtout créer la plus grande petition online.
Nous invitons les internautes à signer cette pétition, si tout le monde joue le jeu, cela permettra d'avoir plusieurs milliers de signatures rapidement. Par ailleurs, Egamingreport est partenaire de cette opération.
Merci de votre soutien.

Londres dans un trip poker

Depuis le «Gambling Act» de 2005 qui a assoupli la réglementation sur les jeux, la capitale britannique devient le tripot de l'Europe. Les cercles s'y multiplient et la flambe n'est plus l'apanage des gentlemen.

Grosvenor Victoria Casino. Le plus grand casino de la ville, où se déroulent les principaux tournois d'Angleterre.

«Tenue de ville» et pièce d'identité internationale exigées à l'entrée. 150-166 Edgware Road, W2, London. Tél. : (00 44) 20-7262 7777. www.grosvenor -casinos.co.uk The Gutshot.

Le nouveau club de poker de l'est de Londres. Facilité de jeu en ligne, compétitions retransmises en direct sur le site.

Et, sur place, tournois à partir de 5 £. Entrée libre. Tournoi spécial amateurs le lundi. 44-48 Clerkenwell Road, EC1, London. Tél. : (00 44) 20-7253 9980, www.gutshot.com Bingo ! Un peu partout dans la ville.

Parmi la cinquantaine de Bingos, on recommande le Mecca d'Essex Road 161-169, Essex Rd, Islington, London, N1 2SN. Tél. : (00 44) 20 7359 0281. Entrée libre. Attention : prévoir une adresse londonienne pour pouvoir devenir membre ! www.meccagames.com NB : possibilité de jeux en ligne sur tous ces sites.

Jesus died for Pedro», peut-on lire sur son tee-shirt. Casquette, jeans, bomber «IBM» et clope au bec, le jeune homme ressemble a priori plus à un accro au Net qu'à un mordu de jeu.
Pour Bret, manager du Gutshot, un club de poker de l'est de Londres, il est pourtant «l'une des stars montantes dans la communauté des joueurs de poker» .
Ici, Pedro le Portugais est respecté, admiré ou craint et tout le monde se souvient encore du jour où cet inconnu a débarqué, posant ses 5 livres sterling de mise minimum sur la table, pour repartir à l'aube avec 8 000 livres (près de 11 800 euros) en poche.
Depuis ce fameux soir, il a été invité dans des championnats du monde entier, est devenu joueur «professionnel» (bien que, désormais père de famille, il envisage de reprendre un job «au cas où, comme dit ma femme» ) et fait même partie des Hendon Mobs, le fameux gang des grands joueurs de la capitale.
Il s'est récemment vu décerner le bracelet or ­ distinction exceptionnelle ­ par le Gutshot.
«Ce club est unique au monde», explique une autre célébrité internationale du poker, la Londonienne Victoria Coren («Vicky» pour les connaisseurs), dans la colonne qu'elle consacre désormais chaque semaine dans le quotidien britannique The Guardian à son jeu favori. «C'est, je crois, le seul endroit d'Europe où l'on puisse, pour 5 livres, s'asseoir à une table de jeu, sans carte de membre ni code vestimentaire, dans le même esprit de compétition que n'importe quel sport.»
Cette simplicité d'accès explique en grande partie le succès mirobolant du club : 300 000 connexions par mois sur le site, des milliers de joueurs chaque semaine.
Millenium casino. Le Times l'annonçait récemment, Londres est en train de devenir «la capitale européenne du jeu».
La faute au «Gambling Act», un décret voté en 2005 qui autorise les salles de jeux à laisser quiconque muni d'une pièce d'identité jouer immédiatement (il fallait auparavant vingt-quatre heures pour devenir membre et jouer ­ période dite du «cooling off», qui permettait d'éviter l'entrée de joueurs éméchés). D'autres aspects de la loi sont à l'étude, comme le financement de certains services publics et des Jeux olympiques 2012 par la Loterie nationale ou encore l'accord d'un permis aux casinos pour la diffusion de publicités à la télé.
Dans le même registre, le Millenium Dome, construit pour célébrer l'an 2000, pourrait être racheté par la multinationale AEG, qui souhaite le transformer en super-casino.
La compagnie de charters Ryanair prévoit, elle, de proposer bientôt des jeux d'argent en ligne sur ses vols. Et, avec l'ouverture prochaine d'une liaison régulière avec Vegas, Londres devrait encore augmenter son rayonnement auprès des joueurs.
Le Gutshot est pourtant assez loin du décorum kitsch et délirant des mégacasinos de Vegas.
La porte à la plaque discrète, style tripot ou maison close, s'ouvre sur un cybercafé où une vingtaine de joueurs s'activent, en ce début de soirée. Tout le monde joue en silence quand une voix féminine annonce : «La première session commence dans une demi-heure.
Faites vos jeux.»
On s'agite, certains font leurs derniers paris en ligne sur le site www.gutshot.co.uk, d'autres finissent leur repas ou leur conversation. Une dizaine de joueurs rejoignent la grande salle d'à côté, sorte de hangar dans lequel sont disposées une vingtaine de tables rudimentaires. Les cartes y sont distribuées avec l'efficacité et la vitesse d'un grand casino. On surprend des conversations en allemand, italien ou chinois. «Amateurs et professionnels arrivent du monde entier, explique David Hollingsworth, journaliste au Times (et joueur invétéré), attirés par cette nouvelle frénésie du jeu qui s'empare de Londres.»
Tenue correcte. Mais la nouvelle loi reste différemment interprétée selon les quartiers de Londres. «Allez dans un grand casino, vous verrez que le "Gambling Act" ne s'applique pas à tous de la même façon», ironise Pedro qui ­ comme ses mates (copains) du Gutshot ­ revendique ses origines ouvrières.
Le contraste est flagrant avec le «Vic», le célèbre Victoria Grosvenor Casino de Marble Arch, où l'on se voit refoulé : «On ne tolère pas les baskets ici», nous fait-on comprendre à l'entrée... Revenant à la charge le lendemain (en «tenue de soirée»), il nous est tout de même signifié que le casino est «réservé aux membres». Discussion, formulaires dignes de la douane américaine : les portes du sésame s'ouvrent enfin.
Au premier étage, un décor de série américaine des années 80 : rideaux rouges à la Twin Peaks, whisky-cigares, hommes d'affaires et fausses blondes en décolletés plus sorties de Dallas que de Desperate Housewives.
Dans un coin, un «seafood corner» et ses «fish and chips» rappellent que l'on est tout de même en Angleterre.
A la table de roulette, Trong, réfugié vietnamien et Londonien depuis vingt-cinq ans, explique d'un air malicieux qu'il vient ici «reprendre ce qu'il perd tous les jours dans cette ville».
A ses côtés, Ben, joueur occasionnel, explique qu'il a pu participer à un tournoi dans ce haut lieu après s'être qualifié sur le site du Victoria Grosvenor (lire ci-dessous). Il affirme y avoir croisé Chris Moneymaker, l'ancien champion du monde de poker, ainsi que Marcel Luske (qui porte ses lunettes noires à l'envers), un autre geek du poker venu souffler la mise aux gentlemen en se qualifiant sur le Net.
«Bets» et bingo. Même s'il faudra du temps avant qu'une rue de Londres rivalise avec The Strip, l'avenue de Vegas où nuit et jour brillent des milliers de néons, le jeu est une tradition british, installée dans les endroits les plus anodins de la capitale. Chaque rue est dotée d'un William Hill, 888 ou Ladrokes, ces agences de bookmakers suréquipées, où l'on peut parier sur presque tout : sports en tous genres, courses de chevaux ou de lévriers ou (sous le manteau) composition du nouveau gouvernement.
Aux guichets ou par ordinateur, on affiche les bets (paris) en devanture, au gros feutre bleu ou rouge sur des tableaux blancs («Arsenal 3 Ñ Chelsea 1 : 75/5»), avec, sur un autre panneau, les noms des buteurs pressentis. Mais rien n'est plus intrinsèquement british que les bingos, qu'on trouve un peu partout dans les zones périphériques de la ville. Conçu comme un théâtre, kitschissime (ornementations, feuilles de vigne, colonnades grecques ou égyptiennes, couleurs bariolées), le bingo est généralement pourvu d'une scène sur laquelle un présentateur annonce, en direct, les chiffres qu'il faut se dépêcher de placer sur son carré de loto.
«Vous et nous avons fait ensemble des bénéfices de 10 millions de livres sterling cette année», affiche une banderole au-dessus de la scène.
«Les Londoniens, brutaux dans leurs désirs, prompts à vivre leurs passions à l'excès, sont proprement extravagants quand on en vient au jeu», explique le «biographe» de Londres Peter Ackroyd.
Il rappelle l'importance de la Loterie, créée en 1569, et l'apparition au XVIIIe siècle de ces maisons de jeu qu'on appelait «enfers», subscription-houses (maisons de souscription) ou slaughter-houses (abattoirs) : «A l'Almack's, célèbre club de jeu de Pall Mall, les joueurs mettaient leur veste à l'envers pour se porter bonheur.»
Autre temps, autre signe du rapport que les Britanniques entretiennent avec le jeu : Casino Royale, le nouveau 007 (qui sort en salles mercredi), qui marque un retour aux sources des codes bondiens (donc british ), se déroule autour d'une gigantesque partie de cartes. Et, pour Daniel Craig, dernière incarnation en date de 007, savoir bien jouer au poker est un des traits obligatoires de l'espion.
source : liberation.fr

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